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mercredi 9 août 2017

Un Américain bien tranquille, de Graham Greene

Dans la nuit de Saïgon, en 1952, alors que la guerre fait rage entre les Français et le Viet-Minh, Fowler attend Pyle, qui ne vient pas. Ils avaient pourtant convenu de se retrouver chez Fowler à dix heures, après le dîner. Une discussion bien tranquille entre amis, autour de quelques bières et d'une ou deux pipes d'opium.
Il est minuit, Pyle n'est pas venu.
Pyle ne viendra plus. On l'a égorgé un peu plus tôt, sous un pont. 

Le récit d'Un Américain bien tranquille commence par la fin, et l'on ne comprend réellement le sens des premières pages en arrivant à la fin du livre. Une histoire tragiquement simple, au fond : deux hommes que tout oppose, liés par une amitié étrange en dépit - ou à cause - de leur amour commun pour Phuong, une jeune Vietnamienne. D'un côté Fowler, un reporter d'âge mûr, séparé de son épouse restée en Angleterre, qui couvre le conflit avec un cynisme désabusé d'un Britannique qui en a vu d'autres. De l'autre Alden Pyle, fraîchement débarqué des Etats-Unis avec toute la curiosité, la spontanéité et la candeur de sa jeunesse, mais aussi ses idées dangereusement précises sur la Troisième Force qui permettrait de mettre fin au conflit. Très vite, le jeune Américain se lie d'amitié avec le Britannique. Mais lorsque Pyle croise Phuong, c'est le coup de foudre, et le début du drame : il n'a de cesse de la séduire, de l'épouser et de la ramener aux Etats-Unis. Au grand dam de son ami Fowler... 


Le roman a fait l'objet de plusieurs adaptations au cinéma

Connaissant très peu les grands écrivains britanniques du XXe siècle, je souhaitais commencer à lire quelques-uns d'entre eux. J'avais eu envie de découvrir Graham Greene en lisant Americanah : dans ce livre, la mère d'Obinze, le héros de Ngozi Adichie, relisait indéfiniment Le fond du problème. Je n'ai pas été déçue. L'atmosphère du Saïgon colonial et la vaine lenteur d'une guerre perdue d'avance est parfaitement rendue à travers le regard blasé de Fowler. La complexité des rapports humains ressort à travers l'amitié ambivalente entre Pyle et Fowler. A la réflexion intime sur l'amour succède en contrepoint une autre plus large sur la guerre et les vicissitudes de l'action. Au delà des deux hommes, ce sont deux visions, deux mondes qui s'opposent. Au fil des pages, les éléments de la tragédie, doucement mais inéluctablement, se mettent en place. J'ai simplement regretté que le personnage de Phuong ne soit pas plus approfondi : on ignore en effet tout de l'évolution de ses sentiments, tandis qu'on suit parfaitement ceux des deux hommes occidentaux, sujets du roman là où la belle Vietnamienne semble réduite à n'être qu'un objet de désir. 

Et vous, des nouveaux auteurs à recommander ? Vous savez que je suis toujours preneuse !

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