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mercredi 4 janvier 2017

Le secret de Lady Audley, de Mary Elizabeth Braddon


Le temps des vacances est propice à la lecture des polars. Depuis des années, de toute façon, je suis amatrice d'intrigues policières, historiques ou non, sous forme de roman ou bien de films. Je-ne-sais-plus-qui expliquait d'ailleurs que le succès du genre était dû au fait que plus que tout autre, le polar raconte une histoire : un atout indéniable dans une époque où le lecteur cherche souvent à s'évader par la lecture et où les "vrais" romanciers privilégient la langue au déroulement de leur récit.

Bref, je m'égare. Toujours dans mon trip anglais, j'avais recherché des polars britanniques anciens (dans le genre vintage léger mais bien écrit, j'aime beaucoup les romans de Patricia Wentworth) et j'étais tombée sur ce roman de Mary Elizabeth Braddon, publié en 1862. Polar victorien donc, garanti d'époque, ce qui n'était pas pour me déplaire. Banco. Femme atypique pour son époque, Mary Braddon embrassa une carrière d'actrice avant de vivre avec un homme marié, père de famille, dont l'épouse était internée dans un asile. Auteur prolifique, elle publia près de 80 romans à succès, dont Le Secret de Lady Audley, considéré comme son chef d'oeuvre. 

Une disparition mystérieuse 

Le Secret... commence par deux histoires croisées, celle de George Talboys, pauvre officier qui revient d'Australie en Angleterre après plusieurs années de dur labeur pour faire fortune et permettre à son épouse bien-aimée et à son fils de connaître l'aisance à laquelle ils aspirent. De l'autre côté, on découvre le beau mariage fait par Miss Graham, jeune et belle gouvernante sans nom ni fortune qui a réussi à conquérir le cœur d'un aristocrate de province, le vieux mais riche Sir Michael Audley. La fortune semble avoir souri aux deux personnages, mais hélas, lorsque George Talboys revient à Londres, c'est pour apprendre la mort de sa femme dans la misère peu de temps auparavant. Il en a le cœur brisé. Son ami Robert Audley essaie de lui changer les idées et l'entraîne en villégiature dans le village de son riche parent, Sir Michael. Mais la nouvelle lady Audley, à sa grande surprise, trouve tous les prétextes pour éviter de les rencontrer... Et on dirait bien que le mari de sa domestique la fait chanter.... Quel sombre secret cache donc cette magnifique jeune femme, dont la beauté blonde et virginale n'a pas d'égale dans la région ? Lorsque Robert commence à se poser des questions, son ami George disparaît subitement, sans laisser la moindre trace...




Roman noir, roman social à l'ère victorienne 

L'intérêt de l'oeuvre réside moins dans le suspense sur le secret lui-même (assez vite deviné à défaut d'être immédiatement dévoilé) que dans la traque de la vérité, menée avec acharnement par Robert Audley. La figure ambivalente de Lady Audley est dépeinte d'une façon qui évoque les héroïnes romantiques. Roman policier mais aussi roman noir, ce livre est aussi une critique sociale de l'Angleterre des années 1860 : critique de ces villes où l'on peut sombrer dans l'anonymat le plus complet et devenir un être sans passé, critique de ces familles bourgeoises où tout est mis en oeuvre pour éviter une atteinte à l'honneur, y compris la dissimulation d'un crime, critique de l'absence d'ascension sociale possible pour une jeune femme, hormis par le mariage avec un homme riche. Certaines ont vu en Lady Audley une féministe avant l'heure ! Bref, une lecture agréable, que je vous recommande aux amateurs du genre.

Et vous, qu'avez-vous lu pendant les vacances ?

6 commentaires:

  1. Oui, j'ai toujours un livre à la main dans le train. J'en parlerai bientôt sur le blog :)

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  2. Merci pour ton commentaire ! Bonne soirée !

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  3. Pendant les vacances j'ai achevé Le Sixième Sommeil de Bernard Weber.
    Merci pour cet article, il donne envie de lire ce livre !

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    1. Merci pour ton commentaire, c'est gentil !

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  4. Je l'ai celui-là mais jamais lu! Je note pour une prochaine fois.
    J'aime bien lire des pavés pendant les vacances: il n'y a rien de mieux que de passer une journée en osmose avec un pavé, c'est ma drogue favorite. Mes compagnons de voyage dans ce cas sont assez hétéroclites: Thomas Mann, Elsa Morante, Dostoïevski, Balzac, Dickens, tout est bon! (tant qu'il y a l'ivresse...) Sauf Robert Musil: là, je ne dis pas, c'est emmerdifiant à souhait.

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    1. Ah oui, pareil, je ne me rappelle pas avoir accroché tant que ça avec Robert Musil.
      Merci pour ton com.

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