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mercredi 21 décembre 2016

Expo : Spectaculaire Second Empire

Samedi dernier, pour fêter le début des vacances, nous sommes allés à Orsay voir l'exposition en cours : Spectaculaire Second Empire. C'est une grande et belle exposition, et heureusement, il n'y avait pas beaucoup de monde. Toutes proportions gardées, bien sûr. 


Affiche de l'exposition, disponible sur le site de la boutique du musée. Ce portrait de Mme Moitessier, par Ingres, représente très bien l'esprit de cette époque où la bourgeoisie et la noblesse d'Empire rivalisaient d'un faste un peu lourd. Contrairement à ce qui nous fut dit aux caisses, les photos n'étaient hélas pas autorisées. Je ne vous présente donc que mes deux seules photos prises en début d'expo. Pour le reste, cliquez sur les liens afin de découvrir l'oeuvre mentionnée. 

L'exposition présente une vision plutôt festive de cette période de notre histoire. La riche histoire politique, économique, diplomatique de cette période est occultée au profit d'un panorama de l'art, de l'architecture et des modes qui prévalaient sous Napoléon III. En même temps, il aurait été difficile d'évoquer l'intégralité de ces deux décennies d'Empire en une seule exposition. Le début de l'exposition présente cependant une réflexion sur le pouvoir et son affirmation à travers les deux magnifiques portraits que Winterhalter a faits du couple impérial, ainsi qu'à travers une série de photographies et tableaux des grandes manifestations de cette période (les fastueuses funérailles de Jérôme Bonaparte, par exemple). On reste ainsi ébaubi devant le berceau du prince Louis-Napoléon, qui est, comment vous dire... impressionnant !


Portrait de l'impératrice Eugénie, par Winterhalter

De nombreuses pièces, bijoux, mobilier, vaisselle, etc.. rendent compte du style si particulier de cette époque. Plus que les autres périodes, le Second Empire a cherché son style et pioché avec un bonheur inégal dans les styles précédents. On retrouve de nombreuses pièces de ce style un peu lourd passé à la postérité sous le nom de Louis XVI Impératrice : Eugénie vouait une grande admiration à Marie-Antoinette et a cherché à reproduire, en l'adaptant, le style de cette époque. On peut ainsi admirer un magnifique portrait  de la jeune impératrice par Winterhalter qui reprend les codes des portraits de Vigée-Lebrun, la portraitiste de la reine : exit les riches tenues de Cour, vive le blanc, le naturel, la simplicité, les rubans... Pour ma part, je préfère l'original à la copie et l'épure du vrai style Louis XVI au faste un brin pompier du mobilier de style Louis XVI Impératrice. Le Second Empire se passionna également pour Pompéi, avec là aussi plus ou moins de bonheur. De riches notables se firent construire des villas inspirées de l'antique ou des châteaux dans un style médiéval revisité dont Pierrefonds, demeure impériale, reste la réalisation emblématique.



Couronne et diadème de l'impératrice

L'exposition s'intéresse aussi à la peinture de l'époque et présente quelques pièces exceptionnelles. L'art "officiel" des peintres admis au Salon est représenté avec la Vénus de Cabanel. Une caricature représente un couple de bourgeois en visite au Salon : je vous cite de mémoire : "Chérie, on ne pourra pas tout voir. Tu regardes les tableaux de gauche, moi ceux qui sont à droite, et ensuite chacun racontera à l'autre ce qu'il a vu" ! Face à ces artistes en vogue, souvent oubliés aujourd'hui, apparaît une nouvelle génération de peintres, comme Manet (Le déjeuner sur l'herbe) ou Monet (Madame Joachim Louis Gaudibert) dont le traitement des scènes et l'audace picturale choque la bonne société de l'époque. Par exemple, la représentation de Mme Gaudibert, épouse d'un riche marchand, par le jeune Monet, met plus en lumière l'étoffe de sa robe que sa personne elle-même et, pire encore, le décor en fond, très sobre, est bien loin de montrer à tous la réussite sociale et financière de son époux !

J'ai bien aimé cette exposition, assez fournie et bien expliquée. On ressort d'Orsay avec l'envie de relire Flaubert (l'un des tableaux présentés a longtemps figuré en couverture de Madame Bovary) ou encore Zola, qui, dans son magistral Nana (mon Zola préféré, pour ma part) a très bien rendu l'ambiance étrange de cette époque entre faste et décadence, misère et richesse, aspiration au libéralisme et relents autoritaires. 

L'exposition se termine sur un portrait de l'impératrice exilée en Angleterre et de son fils. Eugénie mourut en 1920. Elle était veuve depuis longtemps, et seule, son fils unique et héritier ayant été tué en Afrique ; je ne sais pas si elle fut lucide jusqu'au bout de sa vie mais assister à la consolidation de la République en France, vivre une guerre mondiale et le début des années folles, dut lui paraître pour le moins étrange... 

Et vous, aimez-vous cette période ? Pourquoi ? 

1 commentaire:

  1. Je ne connais pas bien cette période mais cette expo a l'air superbe !

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