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mercredi 9 novembre 2016

Cécile, de Théodor Fontane

L'action de Cécile commence dans les montagnes du Harz, une région d'Allemagne connue pour ses magnifiques paysages, mais aussi pour son goût des contes et des légendes. Un couple quelque peu insolite a posé ses valises à l'hôtel Zehnpfund à Thale. Lui, le colonel en retraite Pierre von St Arnaud, est un officier d'âge mûr qui s'est illustré dans l'armée allemande, mais qui a quitté le service dans des conditions et pour des raisons qui restent obscures. Cécile, son épouse, une jeune femme mystérieuse et dotée d'une exceptionnelle beauté, est beaucoup plus jeune que lui. Le couple est venu s'établir dans cette région dans l'espoir, semble-t-il, de permettre à Cécile de rétablir sa santé chancelante. Autour de ce couple en apparence si mal assorti, c'est tout un monde de riches bourgeois qui gravite, avec sa politesse surannée et son goût pour la villégiature loin, si loin de l'agitation berlinoise.




Cette photo et la suivante proviennent de ce ce site. Ci-dessus, une photo de l'hôtel Zehnpfund de nos jours : il existe réellement et Théodor Fontane y a séjourné.


Naissance d'une passion 

Dans ce petit monde, on croise beaucoup de jeunes gens, une artiste peintre qui se moque des conventions, et un jeune officier du nom de Gordon, qui ne tarde pas à tomber sous le charme de Cécile. Promenades, déjeuners, badinages. L'attirance de Gordon vire peu à peu à l'amour, puis à la passion irrépressible, alors qu'il devient un ami proche du couple... Mais une question le taraude : quel est ce secret que Cécile semble porter en elle ?  Il expliquerait tant de choses : par exemple, sa tristesse permanente et l'étrange lien qui l'unit au colonel von St Arnaud...

Le poids du secret 

On pourrait croire que Cécile n'est une aimable histoire d'amour, il n'en est rien. A une trame simple et rebattue - le mari, la femme, l'amant, ou du moins, le soupirant - Fontane ajoute un dernier motif, celui du secret. Et le ton badin des premières pages, superbes d'esprit et de drôlerie, cède peu à peu le pas, presque subrepticement,  à une tension qui n'en finit pas d'augmenter alors que l'action se déplace dans les salons berlinois. Cette tension atteindra son acmé dans les dernières pages du roman. On s'interroge avec Gordon, on  cède avec lui à sa passion dévorante, on l'accompagne pas à pas dans sa quête de la vérité. Les pièces du drame se mettent en place, l'une après l'autre.



Vue du balcon de l'hôtel à l'époque de Cécile. 


Le monde d'hier

Cécile, c'est aussi le portrait d'un monde d'hier, pour emprunter à Stefan Zweig le titre d'un de ses livres. Un monde dont la hiérarchie et les valeurs - la prééminence de la noblesse, le poids de l'armée, l’importance de l'honneur - ont disparu depuis la Première Guerre Mondiale. Plus de cent vingt ans plus tard, on continue cependant à se délecter de cette langue précise, de cette galerie de personnages mondains, et sous le vernis et les conventions du grand monde de l'Allemagne bismarckienne, à être ému par la figure tragique de Cécile. 

2 commentaires:

  1. Je t'en prie ! Je suis grande lectrice : je pense que je ferai souvent des billets littérature. Bon long WE !

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